I - Musique et texte à
a) A quel siècle correspond
XVIe
b) Nom et compositeur (avec dates) de l’œuvre vue en
cours ?
JOSQUIN DES PRES (v.1440-1521) Mille regrets de vous abandonner
c) Etudiez les rapports du texte et de la musique
sous trois rapports:
1) structure texte/musique 1 Quatrain 4 vers pour 4 phrases musicales
2) pieds vers/phrase musicale Décasyllabes 4+6
3) sens du texte/musique Noyau descendant mélancolie
tristesse sép. amour
d) Donnez les 10 caractéristiques de cette pièce
* Abandon des consonances soit-disant parfaites de 4tes et 5tes.
* Adoption progressive de l'accord parfait
* Egalité de traitement des voix (plus de teneur) dans leur registre
* Apparition du thème qui
circule à toutes les voix: donc plaisir de l'oreille
* Abandon des rythmes complexes (parfait ternaire imparfait binaire) de
la fin du XIVe au profit
de
rythmes simples, facilement décelables à l'oreille
* gout pronocé pour le profane
(d'où le succès de ces chansons,
genre non religieux)
* Rares sont les passages où
les 4 voix se font entendre simultanément
* Les passages en imitation (un
même thème circule d’une voix à l’autre)
impliquent l’utilisation d’un style contrpuntique savant. Rappel: le contrepoint est la
science de l’écriture polyphonique
* Le tempo est très régulier
* Il n’y a pas de dissonances
II - Musique et texte au début de la période baroque I: Le Lamento d’Arianna (1h)
Questions générales (
a) Quel est le compositeur ? (avec dates et pays
d’origine)
b) Quelle nouveauté est apparue à cette période ayant
pu donner la naissance à l’opéra ?
c) De quel pays provient la légende ?
GRECE
d) Résumez brièvement cette légende
e) Expliquez le parcours de cette composition dans le
répertoire de ce compositeur avec un maximum de détails
-
La version originale date de 1608. Elle est
le seul reste d’un opéra aujourd’hui perdu, Arianna.
Elle est donc pour voix seule.
-
La deuxième version (étudiée ici) est un
arrangement de Monteverdi de la version originale à une version à 5 voix. C’est
un madrigal de 1614 extrait du 6e livre de madrigaux. Ces cinq
voix sont classées en fonction de leur registre (Canto –qui détient la
mélodie de la version d’origine – Quinto, Alto, Tenore,
Basse)
-
Un contrafactum
(c’est à dire un plagiat) dans lequel la musique est la même que la version
originale mais le texte a changé: c’est un texte religieux: Pianto
della Madonna (plainte de la vierge), de 1641.
f)
La version à
plusieurs voix fait est un genre particulier. Comment
s’appelle-t-il ?
MADRIGAL
g) Définissez ce genre et donnez un compositeur qui
en écrit (différent de celui d’Arianna…
Aux XVIe et XVIIe siècles, c’est une pièce vocale de style et de structure extrêmement libres. A la fin du XVIe siècle, Luca Marenzio (1553-1599), Carlo Gesualdo (1560-1613) et surtout Claudio Monteverdi (1567-1643) donnent au madrigal des caractéristiques expressives nouvelles, notamment par l’emploi de hardiesses harmoniques.
h) Que pouvez-vous dire de la forme du texte ?
La forme du texte:
L’adaptation qu’en a faite Ottavio Rinuccini
(1562-1621) pour l’opéra Arianna de 1608 n’a
pas de structure particulière, il s’agit de succésions
d’états d’âme décrits dans une narration continue sans forme particulièe.
i)
Et du sens de
celui-ci ?
Le sens du texte:
l’idée principale qui émane de ce texte est la douleur d’Arianne.
Mais aussi ses sentiments d’abandon, d’incompréhension, de colère, de révolte
et d’amour bien sûr. Longue plainte, ce texte peut se résumer à un point d’interrogation: « pourquoi ? » (m’as-tu quitté).
La douleur d’Arianne est extrême car elle ne sait pas. Quand on est triste
à cause d’un deuil, la raison est connue et définitive. Dans le cas d’Arianne, c’est pire parcequ’elle
est en attente d’une réponse qu’elle n’a pas. Sa frustration est très
grande.
j) Parmi les photocopies distribuées, retrouvez et analysez les caractéristiques du compositeur en donnant un maximum de détails. Pour chaque exemple, vous pouvez donner des informations directement sur la partition mais cela ne vous dispense pas de rédiger votre commentaire sur votre copie..
TRES IMPORTANT: N’oubliez pas de vous poser la question sur la raison d’être de ces caractéristiques et d’en tirer les conséquences dans votre commentaire.
Caractéristiques
du style de Monteverdi dans le Lamento d’Arianna
(le chiffre romain
désigne la section, les chiffres arabes le numéro de la mesure)
* Il n’y a pas
de thème, de refrain, de quelconque répétition musicale
* Mouvements
mélodiques particuliers:
-
5te diminuée: Au canto à I(1-2
* Prédominance
de l’accord parfait sur l’écriture polyphonique:
* L’opposition
contrastée des deux modes majeurs et mineurs:
* Incohérence
du parcours tonal.
* Chromatisme
ascendant:
* Dissonances:
-
A I(1) au tout début,
l’audition simultanée du la de la basse et du sib
-
Dissonance criante à II(50):
do# à la basse et do bécarre au canto.
-
Un cas particulier de dissonance: la subtile fausse
relation.
* Unissons:
* Stile concitato:
* Tempo
fluctuant:
* Homorythmie / Polyphonie.
III - Musique et texte à la période baroque II:
a) Donnez l’œuvre, le
compositeur ? (avec
dates et pays d’origine)
« Didon et Enée» de Henry Purcell
(1659-1697) : La mort de Didon
Opéra en 3 actes d’après
l’Enéide de Virgile, de1689
Henry Purcell, compositeur
anglais. Cette œuvre, la plus connue du compositeur, est d’une grande intensité
dramatique.
b) Quel est le contexte musical ?
Cet extrait se situe en pleine période baroque, représentée en musique
par Monteverdi, Lully, Rameau, Vivaldi et Bach. Celle-ci est dominée par
l’emploi de la basse continue (voir lexique), l’emploi du clavecin et de la
naissance de l’opéra, c’est à dire d’une musique pour voix seule accompagnée
(première version d’Arianna de Monteverdi, Didon
et Enée de Purcell ou Castor et Pollux de
Rameau)
c) Résumez brièvement la légende
Selon la légende grecque, Didon vint fonder Carthage, près de Tunis.
Virgile, poète latin (1er siècle avant JC), la fait vivre au temps
de la guerre de Troie dans son poème L’Enéide (qui raconte les
pérégrinations d’Enée avant qu’il ne fonde Rome). Enée débarquant à Carthage
fut reçu par Didon qui s’éprit de lui, mais le héros l’abandonna pour l’Italie
et la reine désespérée se donna la mort.
d) Donnez la place de cette scène dans l’opéra et son
contenu
Cet extrait se situe à la fin de l’opéra, lorsque Didon se donne la mort, désespérée de voir son amant Enée l’abandonner pour Rome.
e) Eléments musicaux: cet extrait se compose de deux
parties, lesquelles ?
Récitatif et aria
f) Donnez les 5 éléments caractérisant la première
-
Il est court
-
Il est uniquement accompagné par un clavecin et un violoncelle (ou viole
de gambe)
-
Non pulsé
-
Ne comporte pas de thème.
-
Se termine sur une ½ cadence (accord de dominante (=ré majeur) dans la
tonalité générale qui est sol mineur). La demie cadence est un repos en cours
de phrase, elle provoque chez l’auditeur un sentiment d’attente d’une suite.
Elle est donc particulièrement bien utilisée ici car à la fin du récitatif, on
attend l’aria suivant, qui lui débute en sol mineur (résolution de la
demie-cadence)
g) Donnez les 4 éléments caractérisant la deuxième
-
Le texte met en valeur l’idée de souffrance, d’abandon, de mort. Didon
demande à Enée à la fois de se souvenir d’elle mais d’oublier son sort, comme
si, dans un geste d’amour total, elle voulait qu’Enée ne souffre pas de la voir
désespérée. Purcell traduit ces sentiments par ces caractéristiques musicales:
-
Il comporte un thème (sur When I am laid), contrairement au récitatif.
-
Un motif chromatiquement descendant aux basses: inévitablement celui-ci
invite à créer un sentiment de mort et de désolation
Ce motif est répété en boucle tout au long de la pièce, on parle alors d’ostinato
et de basse obstinée (puisque ce motif est joué à la
basse). Le fait de répéter inlassablement le motif chromatiquement descendant
insiste lourdement sur le sentiment de mort qu’il exprime.
h) Que pouvez-vous dire du rapport du texte et de la
musique à la période baroque ?
Le rapport du texte à la musique à la
période baroque fait largement intervenir des techniques musicales
particulières (Ostinato, chromatisme) pour exprimer le sens du texte, c’est ce
qu’on appelle le figuralisme.
i) Qu’est-ce que le figuralisme ?
Figuralisme: Ensemble des techniques musicales propres à représenter
directement une idée portée par le texte.
Exemple: une gamme ascendante sur le texte «Et ascendit»
ou comme ici l’emploi d’une descente chromatique pour exprimer l’idée de mort.
IV- Musique et
texte au XIXe (
a) Quels sont les deux genres principaux de musique vocale au XIXe ?
Opera Lied
b) Citez deux compositeurs du début du XIXe non français avec leurs dates avec un exemple pour chacun d’eux (pas l’œuvre vue en cours)
Franz Schubert Gretchen am
Spinnrade (Marguerite au rouet,
Robert Schumann Dichterliebe ou Frauenliebe
und Leben (Les amours et la vie d’une femme)
c) Citez un compositeur français de la fin du XIXe avec un exemple de mélodie
Fauré Bonne chanson Horizon
chimérique Clair de lune
d) Quelle est
l’œuvre vue en cours ? quel compositeur ? (avec dates
et nationalité)
pour quel
effectif ?
Erlkönig Roi des aulnes
Schubert 1797-1828 Voix et piano
e) Pour
l’œuvre vue en cours, donnez les 8 caractéristiques
*
Ce lied, composé en 1815 met en scène trois personnages: le père, le fils et le
roi des Aulnes. Il y a huit quatrains.
* L’histoire met en scène
un père chevauchant la nuit avec son enfant. Ce dernier est effrayé par les
douces paroles d’un roi des Aulnes trompeur et en réalité dangereux. On y
trouve les thèmes contrastés du réconfort du père, de la nuit, du fantastique,
de la nature déchaînée, de la violence et la mort.
*
La voix d’un seul interprète chante et joue les trois personnages, plus un
narrateur au début et à la fin. Pour chaque voix, il prend un registre
différent. Le père (registre grave), l’enfant (registre moyen), le roi des
Aulnes (registre aigü). On peut ainsi bien distinguer
les trois personnages.
*
On observe une symétrie dans la répartition des quatrains: une strophe
père/fils puis une strophe pour le roi des Aulnes, le tout 3 fois, encadré par
deux strophes de narration, une au début et une à la fin.
*
Le piano a un rôle prédominant car il installe le climat d’effroi et
d’angoisse. On distingue deux éléments importants: les notes répétées à la main
droite et le motif ascendant/descendant de la main gauche (mes 2). Le premier
suggère l’effroi, la rapidité du cheval et l’angoisse. Il est présent tout du
long (sauf à la fin).
*
Schubert utilise le mode mineur, c’est à dire sombre, au début et à chaque
intervention de l’enfant effrayé. Par contre il utilise le mode majeur (plus
joyeux donc plus séducteur) lors des interventions du roi des Aulnes
*
Noter les dissonances sur «Mein Vater» entre le piano
et le chant
*
Noter bien sûr la partie finale: plus de martèlement, chant au style récitatif,
point d’orgue avant que l’on apprenne la terrible nouvelle: l’enfant est mort.
f) En conclusion, que peut-on dire ?
C’est le piano qui détient la plupart des moyens de faire ressortir les
éléments dramatiques du texte.
V- Musique et texte
après 1945 (
a) Donnez les compositeurs, leurs dates et les œuvres que l’on a étudiées (dates des œuvres aussi).
Xenakis
(1922-2001) Nuits
Aperghis (né en 1945) Récitations
b) Quelles sont les 6 caractéristiques de la première œuvre vue du XXe
1 - Glissando continu: Il s’agit pour le chanteur ou la
chanteuse de passer par tous les micros intervalles entre deux notes écrites,
dans un effet de sirène ascendante ou descendante. On observe cette technique
dans les premières pages.
2 - Glissando bref: C’est un très rapide glissando
jusqu’à une octave au dessus ou au dessous de la note. On en trouve mesure 135,
par exemple, au soprano 3.
3 - Battements de fréquences: Lorsqu’on entend
deux notes supposées identiques mais dont une est en réalité un tout petit peu
au dessus ou au dessous de l’autre, se produit un phénomène de battement. On en
trouve à la mesure 130.
4 - Quarts de tons: Ils sont notés avec une barre
supplémentaire ou en moins par rapport à un # normal. La première note de la
soprano 1 au tout début est un ré ¾ de dièse, c’est à dire une note se situant
entre ré# et mi.
5 - Sons sifflés: C’est un sifflement obtenu avec
beaucoup d’air et résultant une hauteur indéterminée (notés avec une croix). On
en trouve mesure 137.
6 - Nuages ataxiques: La syllabe Tši est entendue de manière irrégulière et à une hauteur indéterminée entre do et sol. On en trouve à la mesure 180.
c) Expliquez brièvement le fonctionnement de la 2e à travers les 3 extraits vus en cours
Récitation
8
* Cette récitation,
ainsi que la 11, fait largement usage du
principe d’accumulation progressive. Un élément est proposé, puis un autre
juste avant, puis un autre juste avant les deux précédents, etc...
* Les trois parties
de
* A partir de ce
principe, remarquons la variété de phonèmes et de tons de la voix. Certains
sont très rythmiques, sec et rapides, d'autres sont plus mélodiques.
Récitation
13
A chaque note est associé un timbre instrumental, ainsi que le phonème
correspondant («Kat», «Ga», «Mra», etc...). Chaque phonème doit imiter le son de l'instrument,
il s'agit d'onomatopées.
* Si les autres
Récitations peuvent être considérées comme discontinues, celle-ci serait plutôt
continue: une totale uniformité rythmique la parcourt de bout en bout (quelques
silences exceptionnels à la 4e ligne) en n'oubliant pas que "le public ne doit pas se rendre compte que
le chanteur respire" (Aperghis).
* Sur le plan
formel, il n'y a pas d'accumulation progressive ou un quelconque agencement
savant (comme à
* Toutefois, la 2e ligne (sur fa) est l'exacte rétrogradation de la
première.
* Plusieurs
versions de la même pièce peuvent être données en attribuant au couple
phonème/onomatopée une autre note que celle proposée, laissant une grande
liberté à l'interprète.
Récitation
14
La caractéristique de
la dernière pièce du recueil relève d'une prouesse technique épuisante: il
s'agit pour l'interprète de lire une série de sonorités proches (autour des
sons a-e-l-or) en un seul souffle et en ralentissant
progressivement vers la fin. La situation proche de l'asphyxie donne une
sonorité recherchée tout à fait originale. Placée en toute fin du cycle, elle
symbolise, après 13 récitations,
l'épuisement et peut-être la mort d'une voix étant allée jusqu'au bout
de ses possibilités. Dans la mise en scène de 1982, Martine Viard
(l'interprète) éteint une bougie.
d) A la lumière de ces 2 oeuvres, déduisez l’invention majeure que le XXe siècle a pu apporter dans les rapports musique/texte
Utilisation du texte comme prétexte, voix comme instrument
Le sens du texte n’a plus de sens